Exposition « Une jarre des jarres ? »

Exposition du 6 avril au 25 août 2018 dans la salle d’expositions municipales, entrée libre. À l’époque, avant d’être une terre de verre, la commune était aussi un village où l’argile a permis de produire une très grande quantité de jarres et amphores, qui servaient à stocker les aliments. La commune comptait notamment de nombreux potiers qui ont marqué l’activité commerciale de Biot.

> Conférence « Designers artisans ? » le 7 avril à 19h au Complexe Sportif Pierre Operto, entrée libre.

> Télécharger le catalogue de l'exposition (PDF)

Horaires d'ouvertures :

  • Le samedi et dimanche de 11h à 18h
  • Mercredi et vendredi de 11h à 13h et de 14h à 18h,
  • Jeudi de 14h à 22h
  • Fermée le lundi et mardi.

Exposition « une jarre des jarres ? »

LA POTERIE À SES ORIGINES٭

C’est grâce aux terres argileuses du bassin de la Brague, à l’existence de l’eau et de forêts que Biot devint un centre de fabrication de poterie. Les potiers disposaient à Biot en effet, de terres de grandes qualités plastiques, qu’ils prenaient essentiellement dans le quartier de Vaugrenier pour la grise, et de Clausonne pour la rouge. Le succès et la notoriété des terres cuites de Biot s’explique par ailleurs, par la qualité et la polyvalence de la jarre. Ces contenants résistants et étanches pouvaient être bouchés et scellés hermétiquement à la chaux, ce qui protégeait leur contenu des insectes et des rongeurs, mais le plus souvent ils étaient fermés d’un couvercle de bois, ou plus rarement, de terre cuite modelée.

 

Ugo La Pietra / Photo © Sandrine Binoux et Alexandra Caunes
Photo © Sandrine Binoux et Alexandra Caunes

Selon la tradition, dès 1470, les habitants du castrum de Buzoto auraient compté des familles de potiers originaires du Val d’Oneille venues s’installer à Biot et produisant de la céramique utilitaire en terre vernissée. Dès le XVIème siècle, les potiers exportaient déjà leur production hors du village. Vers 1725, après la famine causée par la destruction des récoltes due à l’invasion de 1707 et les gelées de 1709, les paysans s’orientèrent vers la production massive de poteries. Celle-ci s’est développée et pendant un siècle et demi connut des périodes de réelle prospérité. De très grandes quantités de jarres et terrailles sortirent des fours biotois : 35 fabriques ont pu produire jusqu’à 588 000 barils de jarres par an, soit l’équivalent de 84 000 jarres moyennes de 7 barils (120 litres environ). Les jarres étaient utilisées à l’époque pour de nombreux usages : conservation des liquides (huile, vin, eau…), mais aussi pour les céréales, les olives, les fruits et légumes secs, les plantes aromatiques … Ces productions étaient vendues dans toute la Provence mais aussi exportées. Au début du XIXème siècle, les jarres de Biot constituaient une des parties les plus importantes du commerce du port d’Antibes. La diffusion de ces grands contenants fut quasiment mondiale puisqu’on en retrouve à Gênes, Bastia, Cagliari, Livourne, dans le Levant, en Amérique du nord et du sud, dans l’Europe du nord et dans les colonies de langue française en Afrique et en Asie. Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, l’évolution des techniques de fabrication, le remplacement de l’argile par le métal et plus tard au XXème siècle par les plastiques, puis l’amélioration continue des moyens de transport provoquèrent le déclin des fabriques. Il n’en restait plus que 5 en 1910. Après la première guerre mondiale, la poterie n’était plus utilitaire, mais le goût pour les vases de jardin en terre cuite permit un renouveau de la céramique en général. Puis après 1945, et grâce au travail et à la notoriété de grands artistes, l’artisanat potier connut un nouveau développement.

٭ Ouvrage de référence : Biot - Jarres, terrailles et fontaines, XVIème - XXème siècles par Henri Amouric, Laurence Argueyrolles et Lucy Vallauri – CNRS Laboratoire d’Archéologie Médiévale Méditerranéenne, MMSH, Aix-en-Provence – Association AREZZO Archéologues et Potiers.

UN HOMMAGE À RENÉ AUGÉ-LARIBÉ
Créateur de la Poterie Provençale de Biot

Cette exposition, rend hommage à René Augé-Laribé créateur de la Poterie Provençale de Biot, à travers les objets en terre réalisés à la Poterie Provençale en 2000, 2002 et 2004, par des créateurs : Ugo La Pietra, George Sowden, Delo Lindo (Laurent Matas et Fabien Cagani), Vincent Lemarchands , Fabien Souche et certains étudiants des écoles des Beaux - Arts de Saint Etienne, Reims, Toulon et Marseille.
René Augé-Laribé (1890-1947) ébéniste de métier s’établit à Biot en 1920. Il construit une nouvelle Poterie au pied du village, bien connue pour les nombreuses poteries spécialisées depuis trois siècles dans la fabrication de jarres pour le transport de liquides.
Entrepreneur ingénieux, René Augé-Laribé, remet au point une technique ancestrale : la jarre à la corde, en vue de la création de nouvelles formes de jarres décoratives de jardins.

exposition une jarre des jarres ?
René Augé-Laribé

DES DESIGNERS DE L’ÉCOLE DES BEAUX ARTS DE SAINT-ÉTIENNE

Vincent Lemarchands, designer et professeur à l’école des Beaux Arts de Saint -Etienne s’est intéressé à cette technique simple qu’il a souhaité transmettre aux étudiants en design.
À l’occasion des ateliers de travaux pratiques, organisés par l’école de Saint- Etienne, la Poterie provençale a reçu, designers et étudiants deux semaines par an en 2000, 2002 et 2004. Chaque designer et chaque étudiant, avec l’aide des artisans de la Poterie, a réalisé une jarre ou un objet en terre. Du dessin à la forme, passant par toutes les étapes de la fabrication.
L’exposition présente les dessins, les formes, les gabarits mis au point par René Augé Laribé entre 1920 et 1945, ainsi que les jarres réalisées par les designers et certains étudiants, accompagnées de documents : textes, photos, vidéos. « Nous pouvons être fiers de notre patrimoine culturel et artisanal qui est aussi une des forces de notre économie. Nous devons préserver notre héritage, le valoriser, favoriser le croisement entre tradition et innovation pour revisiter les codes esthétiques et techniques de production et ainsi permettre le développement de cette filière. Je remercie en ce sens, les designers et les élèves designers de l’école des Beaux Arts de Saint-Etienne, pour leur participation à cette exposition » se félicite Guilaine Debras, Maire de Biot.

La scénographie de l’exposition est conçue, pour être itinérante.

Vincent Lemarchands / Photo © Sandrine Binoux et Alexandra Caunes
George J. Sowden / Photo © Sandrine Binoux et Alexandra Caunes

« Quoi de plus essentiel que de rendre accessible au plus grand nombre l’histoire de notre commune liée à la poterie ? La richesse des savoir-faire et l’exigence de cette discipline qui a marqué l’identité de notre cité, saura interpeller les visiteurs et susciter de belles émotions. Cette exposition est un hommage à tous ces artisans qui n’ont de cesse de repousser les limites de la matière pour nous créer les pièces les plus audacieuses qui germent de leur esprit. Vous vous laisserez séduire par la diversité de ces créations dont l’esprit de la terre se perpétue à travers les générations ! » conclut Guilaine Debras, Maire de Biot

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