Gilles Rey, chef d’entreprise d’électricité, 7 ans au moment des faits

Je n’avais que 7 ans mais je me souviens bien de l’incendie, c’était très marquant. J’habitais en face du cimetière de la Rine, aux Issarts. Ce jour-là, il y avait un très fort mistral. Je me souviens m’être mis à la fenêtre du salon et avoir vu arriver les flammes à vitesse grand V, elles me paraissaient gigantesques. Elles montaient jusqu’en haut des pins qui nous entouraient, à 5 ou 6 mètres de hauteur, cela faisait comme des chalumeaux géants. Mon père me dit que les pommes de pins sautaient dans tous les sens et éparpillaient le feu. Surveillant de travaux à la Mairie au moment des faits, il est alors parti vers les Soulières voir ce qui se passait. Après l’incendie, le responsable de travaux à Valbonne lui a montré l’origine du feu, situé entre Cannes et Mougins.

On est restés à la maison où les pompiers sont venus nous donner l’ordre d‘évacuer au milieu de quelques flammes. La route de Valbonne était fermée, je les entends encore hurler « Prenez vos affaires, il faut partir ! » Tout est allé très vite. Ma mère a rassemblé quelques affaires et les papiers importants. Mon père a par miracle réussi à nous retrouver à la maison alors qu’il était bloqué aux Soulières en montant derrière quelqu’un sur une mobylette. On est tous partis en voiture ensuite, mon père, ma mère, ma sœur et moi. On a traversé les flammes jusqu’au village où on s’est réfugiés.

Tout le monde était alors regroupé devant la mairie. On a attendu la fin d’après-midi pour pouvoir rentrer à la maison. Le lendemain, il n’y avait plus rien, tout était dévasté sur les 20 kilomètres de front de feu, c’était impressionnant, c’était apocalyptique… Avec mon père on est montés au Bois Fleuri, on ne voyait aucun espace vert qui restait. Plus tard, chaque enfant des écoles de Biot a replanté un arbre à la Rine. C’est suite à cet incendie que le corps de pompiers volontaires a été créé et mon père est devenu leur premier chef. Il n’y avait pas encore de caserne, elle a été construite quelques années plus tard. Mon père m’a toujours dit que ce feu était intentionnel.

 

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