
Olivier Dubois, lauréat du Prix du Jury, en compagnie de Francis Godard, beau-père du journaliste Christophe Gleizes, actuellement emprisonné en Algérie.
Le journaliste Olivier Dubois récompensé par le prix Stéphane Frantz Di Rippel 2025 à Biot
Entre hommage et résistance, la cérémonie du prix Stéphane Frantz Di Rippel, qui s’est déroulée vendredi 24 octobre au complexe Mouratoglou de Biot, a réaffirmé que la liberté d’informer ne se négocie pas. Pour cette quatrième édition, c’est le journaliste Olivier Dubois qui a remporté le Prix du jury avec Prisonnier du désert-711 jours aux mains d’Al Quaïda.
L'édition 2025 du prix Stéphane Frantz di Rippel, soutenue par Nice-Matin et TF1, a une nouvelle fois souligné que la littérature et le journalisme partagent une même mission : dire le vrai, même quand il dérange. Lors de la cérémonie de vendredi 24 octobre, quatre ouvrages ont été récompensés :
Le Prix du jury a été attribué à Prisonnier du désert-711 jours aux mains d’Al Quaïda d’Olivier Dubois
(éditions Michel-Lafon),
un récit intime où l’endurance humaine et la quête de vérité se livrent un combat acharné au cœur de l’isolement et de la peur. Le journaliste Olivier Dubois, enlevé au Mali en 2021, y raconte sa vie quotidienne en tant qu’otage du groupe Al- Quaïda.
Le Prix de la Ville de Biot est revenu à Femmes, vie, liberté de Marine Courtade et Mortaza Behboudi
(éditions du Rocher),
une œuvre qui fait résonner les voix de celles qui se relèvent, s’émancipent et refusent le silence. L’ouvrage plonge les lecteurs au cœur du soulèvement des femmes iraniennes après la mort de Mahsa Amini, survenue le 16 septembre 2022.
Le Prix des correspondants de Nice-Matin a distingué
Les Caméléons de Thibaut Martinez-Delcayrou (éditions Flammarion),
une enquête à la première personne qui met en lumière l’organisation des réseaux de faux conseillers bancaires, leurs techniques de manipulation et l’impuissance des victimes face à la fraude.
Le Prix des lecteurs de Nice-Matin a couronné
Dans les âmes et les urnes
de Vincent Jarousseau
(éditions les Arènes)
pour lequel l’auteur a sillonné la France, à la rencontre des électeurs du Rassemblement national. À travers leurs histoires et les raisons de leur choix électoral, l’ouvrage décrit une France marquée par le déclassement, la défiance er la recherche d’écoute politique.



Un prix sous le signe du courage
Cette édition 2025 a été marquée par la participation symbolique du journaliste sportif Christophe Gleizes, membre du jury malgré son incarcération en Algérie depuis juin dernier. Accusé d’ « apologie du terrorisme » et de « possession de publications à but de propagande nuisant à l’intérêt national » à la suite d’un reportage sur l’histoire du club de football Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), il a été condamné à sept ans de prison ferme le 29 juin 2025 pour avoir exercé son métier et doit être rejugé en appel le 3 décembre.
Cette nomination, soutenue par Reporters sans frontières (RSF), incarne la mission première du prix : défendre celles et ceux qui, par leur plume, leur regard et leur courage, nous permettent de comprendre le monde et incarnent la liberté d’informer. Même si le journaliste n'a pas pu avoir accès aux livres de la sélection, il a été touché par cette marque forte de soutien, comme l'a raconté son beau-père, Francis Godard, présent lors de la cérémonie.
Un héritage vivant
Créé en 2022 en hommage à Stéphane Frantz Di Rippel, directeur du Novotel d’Abidjan assassiné en 2011 pour avoir protégé des journalistes, le prix perpétue la mémoire d’un homme, ayant des racines biotoises, qui a incarné, jusqu’à l’extrême, la défense de la vérité. Depuis sa création, il distingue des ouvrages écrits par des journalistes portant un regard intime et engagé sur l’actualité.
Après Le clandestin de Daech (Georges Dallemagne et Christophe Lamfalussy, 2022), Les Aurores incertaines (Samuel Forey, 2023) et La France des gourous (Étienne Jacob, 2024), cette édition 2025 confirme la vocation du prix : honorer le courage intellectuel et la puissance des mots comme armes de liberté.
