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Une école pour tous : l'expérience unique de l'Unité d'enseignement externalisée polyhandicap (UEEP) à Biot

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Une école pour tous : l'expérience unique de l'Unité d'enseignement externalisée polyhandicap (UEEP) à Biot

À Eugène-Olivari, la différence n’est pas un obstacle mais une richesse. Au sein de la classe UEEP, qui a vu le jour en 2023, chaque enfant polyhandicapé bénéficie d’un accompagnement individualisé, avec des outils adaptés, tout en faisant partie intégrante de la vie de l’école.

“Les enfants de notre classe sont avant tout… des enfants. Ils ont certes des besoins particuliers, mais comme tous les autres, ils viennent à l’école pour apprendre, jouer et se faire des amis.”

C’est ainsi que l’enseignante Coraline Géraud décrit l’Unité d’enseignement externalisée polyhandicap (UEEP), ouverte depuis septembre 2023 au sein du groupe scolaire Eugène-Olivari. Ce dispositif, financé par l’Agence régionale de santé (ARS) avec le soutien pécunier de la Ville pour l’achat d’équipements et les travaux d’aménagement, offre un cadre scolaire adapté aux élèves polyhandicapés tout en favorisant leur inclusion dans la vie de l’école.

Unique dans les Alpes-Maritimes, cette structure accueille depuis trois ans des enfants de 4 à 9 ans résidant dans un rayon de 45 minutes autour de Biot. 

Des outils pour mieux communiquer

Une fois par semaine, par groupe de quatre maximum sur un total de huit élèves, ils prennent part à des activités scolaires classiques : ateliers pédagogiques, séances de sport, récréations… “Nous travaillons l’identification des lettres, du prénom, et surtout des compétences de maternelle adaptées à chacun”, précise l’institutrice.

Pour répondre à leurs besoins spécifiques, le principe d’un adulte accompagnant pour un enfant est obligatoire. “Ce sont des enfants très vulnérables, aucun ne peut se déplacer tout seul et ils sont non oralisants. Ils ont besoin d’aide au quotidien”, poursuit Coraline Géraud, qui travaille en lien avec une AESH (Accompagnante d’élèves en situation de handicap) et deux éducatrices spécialisées qui viennent de l’IME (Institut médicoéducatif ) voisin Les Hirondelles.


" Cette classe permet à nos enfants de rester dans le monde de l'école
plutôt que dans le médico-social"



Afin de faciliter la communication non verbale entre les élèves de l’UEEP, le corps professoral et tous les enfants scolarisés à Olivari, l’enseignante référente a mis en place un grand Tableau de langage assisté (TLA). Ces pictogrammes, visibles dans toute l’école, représentent des objets ou actions du quotidien (toilettes, boire, s’asseoir…). Les enfants peuvent ainsi s’exprimer en montrant simplement un symbole, un système qui se révèle aussi utile pour les élèves allophones ou les petits parleurs.

En trois ans, les progrès des enfants sont impressionnants, tant sur le plan scolaire que personnel. “Le fait de grandir avec les autres est essentiel, explique Laëtitia Mirandon, maman de Maëline, 6 ans et demi. Elle a fait des progrès incroyables en communication, en concentration… Elle est beaucoup plus posée.” Même constat pour Stéphanie Cocq, mère de Charlie, 9 ans : “Chaque année, on voit de vraies évolutions. Mon seul regret est l’absence de continuité au collège.”


L'inclusion au cœur du projet

Au-delà des apprentissages, cette classe joue un rôle majeur dans la sociabilisation et dans la lutte contre les préjugés. Dès la rentrée, les écoliers de l’UEEP se présentent dans les différentes classes pour expliquer ce qu’est le handicap. “L’objectif est de libérer la parole et de déconstruire les idées reçues.”

Et l’inclusion fonctionne aussi dans l’autre sens : les élèves viennent régulièrement lire des histoires à leurs camarades de l’UEEP. Tous participent ensemble à des projets communs comme les Volets de l’Avent, les spectacles ou encore la course ELA.

“Cette classe permet à nos enfants de rester dans le monde de l’école plutôt que dans le médicosocial”, souligne Laëtitia Mirandon, qui a soutenu dès le départ la création de l’UEEP. En seulement trois ans, le dispositif est devenu, selon la directrice Christine Duboz, “un véritable atout pour notre établissement” qui prouve qu’une école inclusive est possible.  

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